Point de départ Le paradoxe de Lippit : l’animal réapparaît à l’écran à mesure qu’il s’efface du réel. L’extinction, pourtant, ne fait pas silence — elle recompose, homogénéise, remplace les fréquences vivantes par des mécaniques.
Le constat Écouter un merle, c’est entendre une surface. Analyser son signal, c’est découvrir une architecture. Entre les deux s’ouvre un espace à la fois scientifique, artistique et politique.
La question Le traitement du signal peut-il être à la fois outil de conservation scientifique et matériau de création sensible ? Le même signal peut-il porter la conservation et la sensation ?
La forme Un film de 70 minutes sans parole, en prise de vue animalière, dont la musique naît du signal du vivant — Morphosis établit la correspondance de timbre entre le chant et l’instrument — mixé en Atmos. Doublé d’une version interactive où le spectateur isole une source, dilate un chant, le met en dialogue avec un instrument. Le film en salle n’est pas l’interactif moins une couche : c’est le régime de l’agentivité refusée, dont l’installation est la contre-forme.
La méthode Trois axes imbriqués. Terrain écoacoustique en ambisonie — faune urbaine du Père-Lachaise, climats spéciaux du Jura, archives du MNHN. Puis analyse — indices ACI, NDSI, BI, embeddings BirdNET et Perch comme oreille augmentée. Puis création. Un parcours du jour à la nuit en cinq stations : le chêne, la cucurbitacée, le troglodyte, le renard, puis la nuit — chauve-souris, hulotte, l’inaudible.
Prendre l’architecture cachée d’un chant et la rendre sensible, pour que le silence qui vient ne paraisse ni naturel, ni irréversible, ni sans témoin. Et faire de ce geste une recherche, pas seulement une œuvre.